Selon un groupe d’experts, les acheteurs d’une première maison sont préparés aux fluctuations du marché de l’habitation

Des changements réglementaires, dont la réduction à 25 ans de la période d’amortissement maximale des prêts hypothécaires assurés, ont rendu le marché immobilier un peu moins abordable.

Même si les conditions d’admissibilité à un prêt hypothécaire sont désormais plus strictes, « la qualité des emprunteurs de nos jours est excellente », a indiqué Stuart Levings, président et chef de la direction de Genworth Canada, lors d’une discussion entre experts dans le cadre de la Semaine d’éducation sur l’accession à la propriété tenue à Toronto plus tôt ce mois-ci.

« Dans l’ensemble, on remarque que les jeunes professionnels ont tendance à acheter une maison dans les grandes villes où ils travaillent, mentionne-t-il. Ils peuvent avoir un ratio d’endettement supérieur au départ, mais ils bénéficient d’un bon potentiel de revenu. Ils achètent des propriétés abordables et gagnent de bons revenus, par conséquent leur ratio d’endettement est très acceptable. »

Au sein de l’industrie, certains craignent qu’une hausse des taux d’intérêt ébranle les acheteurs d’une première maison. « Certains le seront, mais la plupart peuvent compter sur un conjoint ou des ressources pour les aider à se tirer d’affaire », ajoute David MacDonald, vice-président de groupe, Services financiers, à Environics Research Group.

Au cours de la crise financière de 2008-2009, les prêteurs ont constaté une atténuation du désir d’achat, souligne Erica Nielsen, vice-présidente des Produits et Secteurs d’activités, Financement sur la valeur nette immobilière, à la Banque Royale du Canada. « Au cours des 12 à 18 derniers mois, nous avons remarqué une relance des intentions d’achat. [Les acheteurs d’une première maison] ont besoin de temps pour déterminer comment réussir à s’offrir la propriété désirée, mais ils ont l’intention d’acheter dans les 12 à 24 prochains mois. »

« En tant que prêteur, nous prenons soin de bien mettre à l’épreuve notre portefeuille », ajoute-t-elle. En outre, les acheteurs d’une première maison envisagent d’absorber toute hausse possible des taux d’intérêt au moyen de paiements forfaitaires annuels ou de paiements accélérés.

Selon Phil Soper, président et chef de la direction à Royal LePage, il est faux de penser que les prix immobiliers au Canada augmentent de façon démesurée. « La plupart des régions du Canada vivent un ralentissement », affirme-t-il, ajoutant que les chiffres sont biaisés par les prix de Vancouver et de certains secteurs du Grand Toronto, deux régions connaissant de fortes contraintes de l’offre.

C’est pourquoi les copropriétés sont une part importante de l’ensemble du marché de l’habitation dans le cœur des centre-ville, indique M. Soper. Les villes les plus chères voient une plus grande proportion de mises en chantier de copropriétés et « cette tendance ne se renversera pas ».

Le résultat se partage en deux pôles : les municipalités approuvent des projets de copropriétés d’à peine 250 pieds carrés, mais elles imposent également la construction de copropriétés à trois chambres au cœur des centre-ville (ainsi les propriétaires n’auront pas à quitter leur quartier lorsqu’ils fonderont une famille).

Cette exigence est à l’avantage des écho-boomers cherchant à être propriétaires pour de bon puisqu’ils ne resteront pas sur le banc indéfiniment. « Ils sont bien renseignés sur le plan financier, conclut Mme Nielsen. La population générale est loin d’être aussi préparée que les écho-boomers. »

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